Liberté en Iran : manifestation de soutien à Paris

Le 28 juin, plus d'un millier de manifestants (dont Mme Catherine Margaté, maire de Malakoff)  ont défilé à Paris entre Bastille et Nation pour la liberté en Iran, l'arrêt de la répression et la libération des 2000 personnes dont on est actuellement sans nouvelles

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Que les médias français comprennent que le peuple iranien ne veut plus des ayatollahs, "modérés" ou extrémistes !

 

Deux images captées du  net-journal iranien « Khiaban »(  la rue ) le 25 juin 2009

 

Reformes  Presse libre

« La seule chose que le peule iranien vous demande, à vous les occidentaux, c’est de changer votre point de vue sur l’Iran. C’est seulement par ce biais que vous allez pouvoir comprendre notre soif de liberté ». Propos d’un un étudiant iranien, interviewé par Manon Loizeau.

Avant le 12 juin, personne n’était en mesure de parier sur la révolte du peuple iranien ou même à prévoir sa probabilité. Le 12 juin, un chroniqueur de France-culture qualifie l’ambiance électorale comme étant « démocratique ».

Et lorsque, le soir des élections, les faux résultats sont tombés, aucun journaliste ne put prédire un soulèvement populaire surtout d’une telle ampleur.

C’est que les médias occidentaux ne se sont pas réellement penchés sur notre peuple, sur ses luttes et sur ses revendications, alors que depuis 30 ans, des femmes et des hommes n’ont jamais cessé de lutter contre la dictature des ayatollahs.

Le mois de juin est devenu un mois symbolique : c’est le 18 juin 1999 qu’a eu lieu le funeste massacre des étudiants qui avaient osé réclamer plus de liberté. C’est le 12 juin 2006 que des femmes sont descendues dans la rue pour réclamer leurs droits humains et que, suite à la répression, elles ont décidé d’agir différemment et de lancer d’autres moyens de lutte comme par exemple « la campagne d’un million de signatures ».

Je ne veux même pas rappeler ici les combats des iraniennes et des iraniens et les peines subies depuis la révolution islamique et surtout pendant la guerre Iran-Irak. Je ne veux même pas invoquer les assassinats des journalistes, intellectuel-les, écrivain-es… pour illustrer le fait que les iraniennes et iraniens ne se sont jamais montrés soumis au régime islamiste durant ces 30 années.

Or, les médias français qui reflètent des informations sur ces luttes sont râres, voire inexistants. Ces médias ont été plutôt fascinés par la supercherie du « dialogue des civilisations » très à la mode chez les bien-pensants.

Plus encore, ces médias se laissent piéger par le pouvoir islamiste qui agite la menace nucléaire pour augmenter la répression contre le peuple iranien

Rien sur la lutte des femmes, des hommes et des étudiants de ce pays depuis ces 3O ans.

Aujourd’hui, pour un journaliste en Iran, travailler est extrêmement difficile mais les iraniennes et les iraniens, malgré la censure, envoient des images et fournissent les infos aux journalistes étrangers pour pouvoir enfin faire entendre leur voix à la communauté internationale, pour enfin montrer le vrai visage de ce régime et son rejet par peuple.

Cependant, certains restent sourds aux cris des manifestants. Ainsi, un journaliste de la BBC, (chassé à son tour par les autorités) relayé par des chaînes de télé françaises, déclare : « ces manifestations sont juste des rassemblements d’unité, les manifestants n’expriment aucune revendication », alors que lui-même était emporté par la foule des manifestants qui entonnaient « Marg bar dictature, Marg bar dictateurs » « mort à la dictature, mort aux dictateurs ». Et même s’il ne comprend pas la langue persane, même s’il ne sait pas la traduire, il peut au moins s’abstenir de tout commentaire, car le sien signifiait plutôt « comment-taire les cris du peuple iranien ».

Depuis le jour même des élections, les iraniennes et les iraniens en exil ont manifesté, dans tous les pays du monde, pour exprimer leur solidarité avec leurs concitoyens. Ils ont réclamé la liberté, la démocratie et une constitution laïque, comme ce fut le cas à Bruxelles, à Washington ou dans des villes des Pays-Bas, ou bien à Paris….

Pourtant les médias français ont préféré couvrir un autre rassemblement, et braquer leurs caméras sur celui des Mojahédines du peuple. Pourquoi ?

Ceux-ci forment un mouvement islamite et sectaire, longtemps reconnu comme terroriste.

Il est vrai que nous vivons dans le règne de mise en scène de la vie politique. Le goût de l’exotisme, du spectacle envahit tout et il est vrai que les Mojahédines sont parfaitement organisés et dotés d’énormes moyens financiers qui leur permettent de répondre à ce goût.

Ainsi, une des chaînes de télévision françaises les présente comme « la seule force opposante au régime islamiste. » Pendant deux jours, à l’heure des informations, ces chaînes repassent en boucle les photos et les interviews de Maryam Rajavie, leur « icône sacrée »- élue par les mojahédine, comme future présidente iranienne. Citons au passage qu’elle est bien voilée et couverte de la tête aux pieds d’un habit vert (couleur du chiisme politique).

Le pire, pour moi c’est je journal électronique de « Marianne ». Son journaliste, épris par le pseudo-anti-impérialisme des ayatollahs et d’Ahmadinéjad, va jusqu’à soutenir leur scénario contre les femmes et les hommes de la rue. Sans état d’âme, Marianne en ligne (désavoué par la direction de l’hebdomadaire) minimise les morts et les répressions et n’hésite pas à choisir le régime islamico-milicien contre le peuple en quête de liberté et de démocratie.

Cela me fait froid dans le dos : comment la pensée islamo-gauchiste peut-elle conduire à nier les faits ?

L’indifférence des médias, la pensée islamo-gauchiste, tout ceci occulte les véritables aspirations du peuple iranien. Si aujourd’hui les iraniennes et les iraniens sont dans la rue, s’ils affrontent la mort, s’ils se moquent des répressions et des menaces, ce n’est en aucun cas pour remplacer l’islamisme des ayatollahs par n’importe quel autre islamisme fut-il bien déguisé !

Toutes les nuits depuis le 12 juin, la population crie sur les toits « marg bar dictature ».

Tous les jours, ils sont des milliers à être battus, arrêtés, violentés ; des centaines sont tués … Les femmes, les hommes et les jeunes d’Iran ne peuvent plus supporter le dictat islamiste. C’est cela la réalité de l’Iran. Juste à ce moment, le peuple pleure ses morts, cherche ses disparus, crie la nuit sur les toits et tente de manifester le jour malgré la répression sauvage.

Et nous, iraniens démocratiques et laïques en exil, devons regrouper toutes nos forces et toutes nos énergies pour être à la hauteur des attentes légitimes de nos concitoyennes et concitoyens dans le but de montrer à la communauté internationale le vrai visage de notre pays. Nous devons aussi tenir en échec les tentatives d’intimidation par l’usage de la religion.

Le « guide suprême » maître d’Ahmadinejad, vient de donner une « fatwa » légalisant ses fraudes électorales. Cette fatwa , après avoir donné l’autorisation d’exécution des femmes et des hommes de la rue, permet « la liquidation physique » de Moussavi et Karoubi.

Il est temps de relayer et de faire retentir le cri du peuple iranien et son refus du régime islamiste. Cela est possible seulement si nous acceptons que le peuple iranien mérite lui aussi la liberté, qu’il a le droit de ne plus vouloir d’un régime islamiste.

Le régime archaïque islamiste de Téhéran est en grave décalage avec le peuple iranien.

Un changement désiré et soutenu par des femmes et des hommes de ce pays est en marche. Les massacres et la censure ne peuvent rien contre cela.

Le peuple iranien qui subit l’islamisme politique depuis 30 ans s’en libérera et nous pouvons l’y aider en faisant pression sur nos propres gouvernements pour soutenir en urgence les démocrates iraniens.

Anna PAK

Changement de nom en vue pour le groupe socialiste du Parlement européen

Et voilà, une fois la campagne européenne terminée, les socialistes européens montrent une nouvelle fois leur vrai visage : le groupe au parlement européen va désormais s’appeler « Groupe de l'alliance progressiste des socialistes et démocrates », scellant l’alliance européenne des socialistes avec les centristes. Et le logo de la rose va disparaitre…. Bien sur, de cela, pas un mot aux électeurs français pendant la campagne…

« Les eurodéputés socialistes tiennent aujourd'hui à Bruxelles leur première réunion de groupe post: élection. Ils doivent élire leur nouveau président en reconduisant l'allemand Martin SHULZ. Également, à l'ordre du jour, le changement de nom de leur groupe. Ils devraient dorénavant s'appeler « Groupe de l'alliance progressiste des socialistes et démocrates ».

Il s'agit de prendre en compte l'arrivée des 21 élus du Parti démocrate (PD) italien, dont les 6 de la Margherita de Francesco RUTELLI qui siégeait lors de la mandature précédente au sein du groupe des libéraux et démocrates (ADLE). Créé en 2007, le Parti démocrate Italien rassemble des partis de gauche et des formations centristes. Avec 21 membres, ils sont la deuxième délégation ex aequo avec les Espagnols et derrière les Allemands. Ce changement de nom fait grincer des dents, notamment du côté des Français, mais l'ensemble des chefs des délégations ont déjà donné leur feu vert. Sortis affaiblis du scrutin du 7 juin, les socialistes peuvent difficilement faire la fine bouche et refuser le renfort de 21 eurodéputés, qui fait passer leur groupe de 161 membres à 182. Les Italiens ont également demandé qu'un nouveau logo soit trouvé pour remplacer la rose. Un groupe de travail doit être mis en place. »

Solidarité avec le peuple iranien : rassemblement ce lundi 22 juin

à partir de 18 heures jusqu'à 20 heures à la Place d'Iena au métro Iena (ligne 9) en face de l'ambassade d'Iran à Paris en soutien aux revendications de liberté du peuple iranien.

Pour plus d'information, vous pouvez consulter le site suivant

http://www.whereismyvote-paris.blogspot.com/

Solidarité avec le peuple iranien dimanche 21 juin à 15h00 place d'Iena

En présence du réalisateur Mohsen Makhmalbaf, le dimanche 21 juin à 15h00, place d'Iena, rassemblement (musical) en solidarité avec le peuple iranien

Parcham2-490e0 Ainsi, donc, ces centaines de milliers de manifestants ne seraient que « poussière » selon le président battu Ahmanidejad ? Ainsi, donc, son propre peuple n’existerait pas. Par son coup de force électoral, le régime des mollahs décrète l'infaillibilité d'un régime théocratique définitivement supérieur aux choix rationnels des citoyens ; en interdisant les manifestations, censurant les médias, procédant à des arrestations arbitraires, coupant les moyens modernes de communication, il cherche le pourrissement avant l'affrontement. Le mouvement populaire pacifique des iraniens peut marquer le début d'une nouvelle ère en Iran qui voit le peuple revendiquer la démocratie. Celui-ci a soif de changement et a choisi, après le scrutin du 12 juin, la voie exemplaire d'un soulèvement démocratique. Il a compris que – sauf à vouloir subir le sort du printemps chinois de 1989 – c'est le moment ou jamais de s'unir durablement pour faire respecter leur citoyenneté. La détermination du pouvoir fait désormais face à celle des iraniens eux-mêmes unis par le nombre, le calme, la détermination...et le soutien de l'opinion publique internationale.

C'est pourquoi il faut aussi, dans le monde, aider les relais de la démocratie iranienne en marche comme nous y appellent tant de voix : au-delà du respect de leur vote, qu'exigent tous les iraniens, ceux de l'intérieur comme ceux de l'extérieur, ce qui se passe en Iran peut changer la face du Monde et est porteur d’'un avenir neuf. C'est de cet espoir dont nous aussi, citoyens désespérés par les chocs du monde, avons besoin. Nous avons envie que le peuple iranien aboutisse, réussisse ce changement. Les modalités lui appartiennent, le débouché devra très certainement être négocié, mais pour cela, il faut tenir. Cela dépend en grande partie du peuple mais aussi de notre solidarité. Exigeons la cessation des tirs meurtriers et les violences sur les manifestants, le droit des journalistes de rendre compte librement, la libération des manifestants arrêtés ! Soutenons les iraniens dans leur exigence de la vérité des urnes !


Parti socialiste, SOS-Racisme, Fédération de Maisons des Potes, UEJF, FIDL, Confédération Etudiante, NPNS, UNEF
Bertrand Delanöe, Anne Hidalgo, Pierre Schapira,
Centre culturel Pouya

Poursuivre et élargir le Front de Gauche

« Poursuivre et élargir le Front de gauche. » Au lendemain des élections européennes, la secrétaire nationale du PCF, Marie George Buffet avait eu cette formule, tirant le bilan de l'alliance ainsi dénommée entre les communistes et le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon qui a envoyé au Parlement européen cinq élus. La formule vaut désormais pour les élections régionales de 2010, a-t-elle réaffirmé lors d'un conseil national, vendredi 19 juin.

 

Le pari n'est pas facile. En 2004, le PCF avait laissé ses fédérations régionales décider de leurs alliances. Et dans une grande majorité, à l'exception de cinq régions dont l'Ile-de-France, les militants avaient choisi de s'allier dès le premier tour avec le PS. 185 conseillers PCF avaient ainsi été élus. La situation semble plus complexe pour 2010.

La campagne du Front de gauche et son relatif succès ont regonflé le moral des militants communistes, assommés par les échecs électoraux successifs de leur parti. Ils ont réappris à faire de la politique avec plaisir et surtout, apprécié de pouvoir "taper" sur le PS et sa ligne "sociale-libérale". L'appel, lancé par leur secrétaire nationale le 7 juin au soir, à "continuer l'expérience" en organisant un meeting le 3 juillet à la Mutualité, les a rassurés. Sans pour autant leur donner une stratégie électorale durable.

Une partie de la direction du PCF avait envisagé revenir à des alliances classiques avec le PS. Les remontées des fédérations ont montré que le message ne "passerait" pas : "l'envie d'unité" a gagné du terrain dans les troupes communistes. Jean-Luc Mélenchon ne s'y est pas trompé quand il a proposé, dès le 16 juin, de constituer "un Front de gauche permanent, présent dans les luttes et dans toutes les élections, des régionales de 2010 aux présidentielles et législatives de 2012". Une façon pour lui de maintenir la pression sur son partenaire.

Mme Buffet a laissé toutes les options ouvertes devant le parlement du parti, en affichant une préférence pour des listes "à l'image de la démarche du Front de gauche". L'idée, encore floue, a expliqué Pierre Laurent, numéro deux, est de "ne pas figer le périmètre du rassemblement" : "Vu ce qui se passe au PS pour qui la seule leçon de son résultat aux européennes, c'est les primaires, beaucoup de gens peuvent être disponibles pour une nouvelle offre politique qui ne se contente pas de poursuivre la gestion des majorités sortantes."

"On doit travailler sur des projets et élargir encore le Front de gauche", insiste Mme Buffet. Un nouveau conseil national proposera une "orientation nationale" les 26 et 27 septembre. Suivront des conférences régionales à la mi-octobre. La "ligne" sera définitivement arrêtée par un conseil national les 24 et 25 octobre. Un délai qui laisse le temps de s'"adapter" aux situations locales... et aux offres du PS.

La démarche a plutôt séduit les cadres du parti. Même si certains restent sur leur faim en préconisant une orientation plus ferme. "Les communistes ne veulent pas d'un accord avec le PS au premier tour. On ne peut pas avoir une stratégie à géométrie variable où personne ne s'y retrouve", assure Sylvie Tricot, de la sensibilité des communistes unitaires. "Il faut être capable de présenter quelque chose de cohérent au premier tour en élargissant ce que nous avons fait aux européennes", renchérit la sénatrice Nicole Borvo. "Il ne faut pas avoir une conception étriquée du Front de gauche mais ne pas penser non plus qu'on va construire une nouvelle union de la gauche", souligne encore Marie-Pierre Vieu. La ligne de crête risque d'être compliquée à tenir.

 

Sylvia Zappi

Article paru dans l'édition du Monde du 21.06.09

 

Des députés proposent de créer une commission d'enquête sur le port de la burqa

La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 stipule : « nul ne doit être inquiété pour ses opinions même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi ».

Ainsi est né le principe de laïcité constitutif de notre organisation sociale et de notre histoire collective.

La loi du 9 décembre 1905, qui sépare les églises et l’État, l’enracine dans nos institutions. Le libre exercice des cultes y est garanti mais la dissociation de la citoyenneté et de l’appartenance religieuse y est affirmée. Aucune religion ne saurait imposer ses principes comme normes d’organisation de la société.

Depuis la Constitution de 1946, le principe de laïcité a acquis une valeur constitutionnelle.

L’article 1er de la Constitution de la Ve République l’a repris et précise : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances ».

Ce cadre laïque offre la possibilité et les moyens de coexister sur un même territoire à des hommes et des femmes qui ne partagent pas les mêmes convictions, plutôt que de les enfermer en une mosaïque de communautés repliées sur elles-mêmes et s’excluant mutuellement.

En ce sens, la laïcité est le vecteur de l’intégration de tous dans la société. Elle crée l’équilibre entre la reconnaissance du droit à une identité propre, le respect des convictions individuelles et le lien social.

En articulant unité nationale, neutralité de la République et reconnaissance de la diversité, la laïcité fonde, au-delà les communautés traditionnelles de chacun, une communauté de destin appuyée sur des valeurs communes, une volonté et un désir de vivre ensemble.

Cela implique de la République et des citoyens des droits et des devoirs.

Quand la laïcité est menacée, la société française l’est dans son unité, dans sa capacité à offrir un destin commun.

Au fil de l’histoire, des lois ont marqué l’affirmation juridique du principe de laïcité. Certaines ont été nécessaires quand il s’est trouvé en danger. Il nous faut, en la matière, faire preuve de lucidité.

Il en a ainsi été de la loi n° 2004-228 du 15 mars 2004 interdisant le port de signes ou tenues par lesquels des élèves manifestaient ostensiblement leur appartenance religieuse au sein d’un établissement scolaire.

Elle s’inscrivait dans le prolongement du rapport et des recommandations de la commission de réflexion, dite « Commission Stasi » sur l’application du principe de laïcité, remis au Président de la République, Jacques Chirac, le 11 décembre 2003.

Nous sommes aujourd’hui confrontés, dans les quartiers de nos villes, au port par certaines femmes musulmanes de la burqa, voilant et enfermant intégralement le corps et la tête dans de véritables prisons ambulantes ou du niqab qui ne laisse apparaître que les yeux.

Si le foulard islamique constituait un signe distinctif d’appartenance à une religion, nous sommes là au stade extrême de cette pratique.

Il ne s’agit plus seulement d’une manifestation religieuse ostentatoire mais d’une atteinte à la dignité de la femme et à l’affirmation de la féminité.

Vêtue de la burqa ou du niqab, elle est en situation de réclusion, d’exclusion et d’humiliation insupportable. Son existence même est niée.

La vision de ces femmes emprisonnées nous est déjà intolérable lorsqu’elle nous vient d’Iran, d’Afghanistan, d’Arabie Saoudite ou de certains autres pays arabes. Elle est totalement inacceptable sur le sol de la République française.

Nous savons, en outre, qu’à cette tenue vestimentaire dégradante s’ajoute une soumission à son époux, aux hommes de sa famille, une négation de sa citoyenneté.

Il faut se rappeler les professions de foi de l’imam Bouziane, en avril 2004, en faveur des châtiments corporels pour les épouses adultères, sur fond de diatribe anti-occident, d’un racisme anti-blanc, anti-France.

Le Conseil d’État, dans un arrêt du 27 juin 2008, a eu à statuer sur le cas d’une personne de nationalité étrangère, à qui le Gouvernement avait opposé son refus d’acquisition de la nationalité française par mariage (articles 21-2 et 21-4 du code civil). Il a considéré que l’intéressée avait adopté « au nom d’une pratique radicale de sa religion, un comportement en société incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française et notamment avec le principe d’égalité des sexes ».

Le Conseil d’État a conclu que la requérante ne remplissait pas la condition d’assimilation posée par le code civil.

La commissaire du gouvernement avait, en effet, relevé qu’elle portait le voile islamique intégral et vivait recluse soumise totalement aux volontés des hommes de sa famille.

Par ailleurs, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) a eu à se prononcer sur le cas d’une autre femme musulmane revêtue de la burqa lors d’une formation linguistique dispensée par l’agence nationale d’accueil des étrangers et des migrations (ANAEM) dans le cadre d’un contrat d’accueil et d’intégration.

Le directeur de l’ANAEM a interrogé la HALDE sur le point de savoir si l’obligation faite aux personnes suivant cette formation de retirer la burqa ou le niqab était conforme aux exigences des articles 9 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Par une délibération du 15 septembre 2008, la HALDE a décidé qu’une telle obligation était conforme à la dite convention.

Elle aboutit ainsi aux conclusions suivantes :

– la burqa comporte une signification de soumission de la femme qui dépasse sa portée religieuse et pourrait être considérée comme « portant atteinte aux valeurs républicaines présidant à la démarche d’intégration et d’organisation de ces enseignements, obligatoires pour les étrangers admis pour la première fois en France » ;

– l’obligation de retirer le niqab ou la burqa pourrait être justifiée par des buts légitimes qui sont les exigences de la sécurité publique, d’identification des personnes ou encore la protection des droits et liberté d’autrui.

Ces jurisprudences sont utiles mais ne sauraient suffire à faire face à ces pratiques que nous ne pouvons tolérer en France.

C’est pourquoi il est proposé que l’Assemblée nationale se saisisse de ce dossier et que soit créée une commission d’enquête.

Elle s’inscrira dans la poursuite du travail de la « Commission Stasi », qui, déjà en 2003, relevait les menaces qui pesaient sur les libertés individuelles et la grave régression de la situation des jeunes femmes.

Celle-ci aura pour mission de dresser un état des lieux et de définir des préconisations afin de mettre un terme à cette dérive communautariste contraire à nos principes de laïcité, à nos valeurs de liberté, d’égalité, de dignité humaine.

Texte présenté par André GERIN, Yves ALBARELLO, Brigitte BARÈGES, Christian BATAILLE, Patrick BEAUDOUIN, Jean-Claude BEAULIEU, Jacques Alain BÉNISTI, Véronique BESSE, Gabriel BIANCHERI, Jean-Marie BINETRUY, Jean-Claude BOUCHET, Gilles BOURDOULEIX, Loïc BOUVARD, Michel BOUVARD, Françoise BRANGET, Xavier BRETON, Dominique CAILLAUD, Jean-Jacques CANDELIER, Bernard CARAYON, Patrice DEBRAY, Jean-Pierre DECOOL, Jacques DESALLANGRE, Nicolas DUPONT-AIGNAN, Alain FERRY, Pierre FORGUES, Jean-Louis GAGNAIRE, Sauveur GANDOLFI-SCHEIT, Jean-Paul GARRAUD, Georges GINESTA, Françoise GUÉGOT, Christophe GUILLOTEAU, Michel HEINRICH, Michel HERBILLON, Jacqueline IRLES, Denis JACQUAT, Maryse JOISSAINS-MASINI, Jean-Pierre KUCHEIDA, Patrick LABAUNE, Jacques LAMBLIN, Thierry LAZARO, Pierre LELLOUCHE, Michel LEFAIT, Maurice LEROY, Lionnel LUCA, Jeanny MARC, Jean-Pierre MARCON, Thierry MARIANI, Pierre MORANGE, Jacques MYARD, Nicolas PERRUCHOT, Bérengère POLETTI, Jacques REMILLER, Bernard REYNÈS, Chantal ROBIN-RODRIGO, Valérie ROSSO-DEBORD, Odile SAUGUES, Dominique SOUCHET, Michel TERROT,

Le Front de Gauche : un pari réussi !

Les résultats nationaux aux élections européennes, comme les résultats locaux, ont conforté la stratégie du Front de Gauche.

 Au niveau local, le Front de Gauche avec 21,3 % voix est stable par rapport aux résultats obtenus par le PC aux élections européennes de 2004 (21,7 %), et en nette progression par rapport aux dernières élections nationales, les élections présidentielles de 2007 (7,84 %). Plus significatif encore, le Front de Gauche est devenu sur Malakoff la première force de gauche, distançant pour la première fois depuis longtemps, le Parti Socialiste dans une élection nationale.

 Au niveau national, le Front de Gauche double son nombre de députés sur la France métropolitaine, passant de 2 à 4 sièges.

 Seul bémol, le taux de participation extrêmement bas, qui montre une nouvelle fois que la plupart des gens de gauche ne sont pas allés voter parce qu'ils sont découragés, désespérés par le spectacle de la division de la gauche.

 Il appartient désormais au Front de Gauche de démontrer que la stratégie de reconquête à gauche passe par l'unité avec le NPA, les Verts de gauche, et les socialistes déçus par l’orientation politique du PS.

Le vote utile et efficace à gauche, c’est le vote Front de Gauche

1) Le vote utile :

Le dernier sondage TNS Sofres/Logica pour "Le Monde" le confirme : Le Front de gauche s'impose à la gauche de la gauche. Les listes communes au PCF et au Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon restent stables à 6,5 % des intentions de vote. Elles creusent légèrement l'écart sur celles du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) et celles de Lutte ouvrière, toutes deux en repli de 1 point, à respectivement 4,5 % et 1,5 % des intentions de vote.

Et comme, contrairement aux dires de certains, le seuil de 6 % permettra au Front de Gauche d’obtenir des députés européens, le vote utile à gauche est bien celui du Front de gauche : nous devons continuer à mobiliser pour obtenir, sur l’Île-de-France, un voire deux députés de gauche qui ne siégeront pas au groupe du PSE car…

2) Le vote efficace

le vote efficace pour s’opposer à l’Europe libérale, c’est aussi le vote « Front de gauche ». Pour couper court à toute polémique, rappelons simplement deux votes récents au parlement européen :

Le PSE a voté pour l’achèvement de la libéralisation du marché postal (rapport Ferber) et pour la libéralisation de secteur de l’énergie (Marché intérieur de l’électricité, rapport Morgan : les socialistes français ont soutenu le compromis, à l’exception de Marie-Noëlle Lienemann qui l’a rejeté, Harlem Désir et Benoît Hamon s’abstenant).

Beaucoup de militants socialistes vont voter "Front de Gauche"

"La marée monte". Jean-Luc Mélenchon en est convaincu et ses troupes, très mobilisées dans le Sud-Ouest, aussi. C'est même devenu le leitmotiv de la fin de sa campagne. La preuve ? D'abord la vingtaine de meetings et les centaines de réunions publiques tenues dans les villes et les villages de ce Sud-Ouest des "camisards" qu'il a sillonné.

"Les militants du PCF et du Parti de gauche tiennent les murs ici", assure Christophe Chimel, militant du Parti de gauche dans le Lot. Ce sont aussi ces mots d'encouragement des syndicalistes "qui viennent en nombre" et glissent à l'oreille du sénateur de l'Essonne : "Change pas, reste comme tu es".

Ce sont bien sûr les sondages qui mettent dorénavant les listes du Front de gauche au coude à coude avec le NPA (6 % à 7 % selon les instituts). C'est encore son "bonheur" de faire campagne avec les communistes qui "se sont crevés pour les autres si longtemps". Il y a bien eu quelques couacs dans la configuration des listes et des "petites engueulades de préséance locale" mais, il le jure, "c'est un bonheur de faire campagne avec eux".

Mais c'est surtout de voir les réactions des militants socialistes : "Je sais que beaucoup vont voter pour moi et leur direction le sait aussi qui reprend maintenant mes slogans comme le “bouclier social” ou “le nouveau front populaire”."

Cet intérêt des socialistes, les sondeurs l'ont noté. "Le fait de battre l'estrade à plusieurs crée un sentiment d'unité et attire les électeurs socialistes", remarque Jérome Fourquet de l'institut IFOP.

Le sénateur de l'Essonne qui a passé tant d'années à batailler à l'intérieur du PS, se dit "libéré". "Le plus dur est fait. Je ne voulais pas qu'on soit ridicule. J'ai fait comme Oskar Lafontaine : ce que nous avons construit sera un point d'appui pour la suite et nous ne serons plus ficelés aux strapontins du PS", se réjouit-il.

Mais il n'est pas le seul. Mercredi 3 juin, à Toulouse, lors du plus gros meeting que le Front de gauche ait tenu, quelque 3 000 personnes sont venues l'acclamer, lui et ses désormais "inséparables" Marie-George Buffet et Christian Picquet. Et maintenant c'est au-delà des élections européennes que leur regard se porte.

"Je suis convaincue qu'il n'y aura pas d'alternative en France comme en Europe sans ce rassemblement qui prend le chemin des urnes pour redonner une perspective politique", a lancé la numéro un du PCF. "Nous avons recréé un peu de cette chaleur fraternelle qui a été le carburant de notre campagne du "non" de gauche en 2005. Nous avons fait passer l'intérêt du peuple de gauche avant toute autre considération politique", a insisté M. Picquet, porte-parole de la Gauche unitaire (ex-NPA).

Répondant aux appels à voter utile lancé par les ténors du PS, Jean-Luc Mélenchon a balayé l'argument. "Dans le Sud-Ouest comme en Ile-de-France, si l'on en croit les sondages, le dernier siège en balance est entre l'UMP et le Front de gauche. Alors, arithmétiquement, le vote utile c'est nous !", a-t-il affirmé.

Puis il s'est adressé à ses "camarades et amis socialistes" : "Reprenez d'abord la conviction avant l'étiquette. Aidez-nous, nous avons besoin de vous pour remonter une gauche de combat." A la sortie, Nathalie Metché et Guy Nickles, deux employés municipaux CGT, anciens du PCF, sourient : "On a connu des meetings où on s'ennuyait. Ces trois là se complètent bien. Ca redonne envie de militer."

(Le Monde du 4 juin)

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